Lumière vs Méliès (†)

« Non seulement je ne participerai pas à ce film, mais je vous interdis de le faire ». Voilà, tels qu’ils m’ont été rapportés, les mots de Thierry Frémaux, délégué général du festival de Cannes et directeur de l’Institut Lumière, qui mirent un coup d’arrêt à ce projet, alors que l’accord du diffuseur était acquis et que nous commencions la préparation.

Lorsque France 5 avait lancé sa série « Duels » au printemps 2013, mon amie Claire Davanture m’avait proposé de m’associer à plusieurs sujets auxquels elle avait pensé dont celui-ci : un portrait croisé des deux « inventeurs » du cinéma français, que l’image d’Epinal aime opposer. Inventeur du cinématographe, Louis Lumière aurait ouvert la voie du cinéma documentaire, tandis que le magicien Georges Méliès serait l’inventeur de la fiction filmée. La réalité, comme souvent, est beaucoup plus complexe et c’est ce que nous nous proposions de démontrer.

Claire contacte Marie Balducchi (Agat / Ex Nihilo) qui accepte de porter le projet. Plusieurs versions sont rédigées comme d’habitude, avant que le dossier ne parte chez France 5. En juin, la liste de la première saison est publiée et nous n’en faisons pas partie. Déception. Mais la chaîne laisse entendre que nous pourrions avoir nos chances pour la deuxième saison. Alors le travail reprend. J’ai imaginé un dispositif mettant face à face deux « avocats » : Bertrand Tavernier, président de l’Institut Lumière, défendra le point de vue des frères. Serge Bromberg, patron de Lobster Films et restaurateur du « Voyage dans la lune », celui de Méliès. Fin août, je contacte Tavernier (que j’ai déjà croisé pendant le tournage de « Mercredi 14h« ) qui décline l’invitation : il manque de temps et n’est pas sûr d’être suffisamment spécialiste.

Bromberg, lui, nous assure de son soutien. Tout roule, en attendant la décision de la chaîne qui tarde et tombe finalement… fin janvier 2014 : c’est gagné, nous sommes dans la sélection 2015. La préparation peut commencer.

L’unanimité se fait sur le nom de Thierry Frémaux pour prendre le rôle de défenseur des Lumière. Seule inquiétude : on entre dans le compte-à-rebours de Cannes, et on l’imagine déjà fort occupé. On ne s’étonne donc pas de ne pas recevoir de réponse après les premières tentatives de contact début février. Serge Bromberg tente un SMS le 11, mais il ne se passe rien non plus. En attendant, nous appelons l’Institut Lumière pour établir les devis d’achat des droits, envisager un repérage… Et soudain, le 27 février, vient le coup de fil fatal (cf plus haut).

Que s’est-il passé ? L’argument de Frémaux, c’est que l’année 2015 sera celle du 120ème anniversaire du cinéma. L’année Lumière. Pas question de parler d’un pseudo-duel « Lumière contre Méliès » cette année-là. « Trop d’imbécilités ont été dite sur ce sujet ». Point final.

Estomaqués, nous refusons d’y croire. Cet homme-là aurait ce pouvoir là ? Mettre notre projet par terre pour une raison aussi… futile ? Claire le croise lors d’une projection privée très people organisée le 3 mars au Cinéma du Panthéon autour du remake de la sortie des usines Lumière par Tarantino (absent), où il a convié Marie Balducchi à l’issue de son coup de fil – et Marie ne peut s’y rendre. Il souffle le chaud et le froid, confirmant d’abord à Claire qu’il ne laissera pas faire ce film, puis lui glissant que ce n’est pas si grave.

Quelques jours plus tard, nous apprenons qu’à la soirée des Césars, le lendemain du coup de fil à Marie, Frémaux a entrepris Serge Bromberg pour lui signifier qu’il ne devait en aucun cas participer à notre projet. Serge dissuade alors Marie d’insister. On ne peut rien faire contre Thierry Frémaux. 

Nous continuons de ne pas y croire. Nous sommes effondrés. Effarés de nous retrouver ainsi dans la ligne de mire d’un grand prédateur, après tant de travail et d’attente, et la chance d’avoir décroché un accord de la chaîne. Que faire ? Proposer à France 5 de se passer des images Lumière et faire le film quand même avec Serge Bromberg et d’autres intervenants ? La réaction de Frémaux n’est elle pas la preuve criante que ce duel existe bel et bien encore aujourd’hui ?

Avant de nous résoudre à cette extrémité, soucieux d’épargner la production, et n’ayant plus rien à perdre, Claire et moi, toujours naïfs et incrédules, décidons d’essayer le contact direct.

Le 27 mars, Claire adresse un mail à l’adresse de Frémaux à l’Institut Lumière :

« Cher Thierry Frémaux,
Il y a quelques temps nous nous sommes rencontrés lors de votre soirée au Cinéma du Panthéon et nous avons parlé de mon projet de film pour la collection Duel de France 5.
Cet échange n’ayant pas eu de conclusion, je reviens vers vous aujourd’hui dans l’espoir que vous entendiez la nécessité où nous sommes, le réalisateur Olivier Brunet et moi même qui en suis l’auteure de faire ce film.
Ce film  représente  pour nous une année de travail et d’attente mêlés avant la signature par le diffuseur qui venait juste de tomber quand l’Institut Lumière a été sollicité. 
Il va de soi que j’ai entendu vos remarques sur le projet et que je peux vous rassurer sur certains points. Duel n’est qu’un prétexte pour évoquer un sujet (ici l’histoire des débuts du cinéma) à travers deux trajectoires de vie. Il n’est qu’à regarder le  Delon/Belmondo pour s’en convaincre, la  ligne éditoriale est souple. Nous avons d’ailleurs déjà fait évoluer notre écriture en fonction des différentes rencontres que nous avons eues dans le cadre de la préparation et nous inscrivons de plus en plus dans l’évocation en parallèle de deux destinées. Pas question d’aller dans le sens de l’un, pas question de favoriser ou de caricaturer, juste une leçon d’Histoire bien menée, bien loin des traitements primesautiers des sujets de magazine.
Si je reviens à ce que vous avez exposé lors de cette soirée du 17 mars l’année 2015 sera une année “Lumière”, quelle meilleure entrée en matière que la diffusion d’un documentaire sur une chaîne nationale en janvier ? 
Souhaitant que l’Institut Lumière nous ouvre enfin ses portes, je vous prie de croire à l’expression de mes salutations les plus cordiales.

Claire Davanture, auteure
Avec  Olivier Brunet, réalisateur

La réponse tombe une heure après. Frémaux répond :

Chère Claire Davanture,
Merci pour votre mail. Votre pugnacité vous honore. Comme je vous l’ai dit, nous ne souhaitons pas nous associer à ce film, et de toute façon pas au début de cette « année Lumière » que nous nous apprêtons à lancer. En effet, notre mission, c’est de valoriser les Lumière et l’ensemble de leur oeuvre, pas de les réduire à un « duel » avec Méliès. Je ne crois pas que lorsqu’ils honoraient Méliès, ses héritiers auraient accepté qu’on y mêle Lumière. Ainsi en va-t-il pour nous.
Ouvrir l’année Lumière par un lien avec Méliès est totalement contraire à notre projet.
Je comprends parfaitement votre démarche et suis navré de ne pas pouvoir vous permettre de travailler pendant un an mais je ne vois pas en quoi Lumière devrait être instrumentalisé pour les besoins d’une émission de télévision. La famille, que nous représentons, s’y oppose formellement.
En revanche, qu’en deuxième partie d’année 2015, une fois que la résurrection Lumière aura eu lieu par l’exposition au Grand Palais et la restauration des films, une fois que les Lumière auront existé par eux-mêmes et pas en les confrontant à Méliès, ça se discute. Lumière aura re-vécu et il sera temps de le rééinscrire sur une plus longue durée historique. Mais il est trop tôt pour vous en donner la moindre assurance – et surtout cette assurance, ce serait à vous à nous la donner comme quoi aucune diffusion ne se ferait avant l’automne 2015.
Bien à vous et avec mes regrets,
Thierry Frémaux
Si vous cherchez des idées de duels dans l’histoire du cinéma, je vous donnerai plein d’idées !

« Emission de télévision »… Là je « pète un câble ». Je nous sens méprisé, écrasés comme des moucherons sur une vitre. Thierry Frémaux ne sait pas ou ne veut pas savoir le mal qu’il faut se donner et le temps que ça prend de décrocher une signature sur un projet de documentaire à la télévision. Qu’hors de la série « Duel », France 5 ne s’intéresse pas à un film sur les seuls Lumière. Il pense qu’il va nous suffire de proposer « autre chose », ce pour quoi il a plein d’idées qu’il est généreusement prêt à nous souffler.

En même temps, s’il prend le risque d’avancer de tels arguments par écrit, c’est qu’il se sait intouchable, en position de pouvoir absolu sur notre initiative, et sans la moindre inclinaison au compromis.

Il faut donc se résoudre à l’idée que le projet est mort, par la simple volonté (le caprice ?) d’un dominant.

Conséquence collatérale, au delà de la déception : du jour au lendemain, je n’ai plus de travail, et je perds pour une durée indéterminée mon statut d’intermittent. Après une nuit de ruminations, je me décide à lui exposer ma situation. Comme si j’avais les moyens de l’attendrir… Bertrand Tavernier est en copie, je le rêve arbitre de ce combat inégal.

« Monsieur,
Je prends connaissance avec consternation du courrier que vous avez adressé hier à ma co-auteure et initiatrice du projet, Claire Davanture, concernant le film « Lumière / Méliès » destiné à la série Duels de France 5, et signifiant votre fin de non-recevoir.
Je n’en discuterai pas les arguments avec vous. « Tout le monde à ses raisons » disait Renoir.

Je souhaite juste vous informer des conséquences très concrètes de cette décision : me vouer, moi et ma monteuse, au RSA.
Lorsque France 5 nous a annoncé sa décision fin janvier 2014, nous avons sauté de joie.
Nous attendions une telle nouvelle depuis un an, depuis que France 5 avait lancé son appel d’offre.
Nous savions que nos chances étaient faibles.
Presque tous les producteurs de documentaires ont répondu, signe de la dureté des temps et de la rareté des occasions, et la chaine a reçu plus de 400 propositions, pour seulement 18 places.
Ce film était pour moi une occasion unique, celle de me consacrer à ce qui fut, ce qui reste la passion de ma vie : le cinéma argentique, les artisans de sa magie.
J’ai commencé dans ce métier tout en bas de l’échelle, comme stagiaire chez Arane, un prestataire de trucages optiques et de génériques adossé au laboratoire Telcipro.
J’ai grimpé les échelons un par un. En 1997 j’étais président de la Chambre Syndicale des Effets Spéciaux et à ce titre membre du jury de la Caméra d’Or, l’année du cinquantenaire du festival. Un an plus tôt j’avais travaillé avec Laurent et Gilles Jacob sur les clips d’ouvertures de chaque séance de la sélection officielle à l’occasion du centenaire du cinéma.
J’ai co-fondé le seul laboratoire français traitant le 70mm, et participé, juste avant de me lancer dans la réalisation à plein temps, à la restauration de « Playtime ».
Je ne vous donne ces références qu’en gage de mon sérieux et de ma légitimité à parler des origines du cinéma, et pour vous faire comprendre pourquoi, lorsque j’ai reçu le feu vert de France 5, j’ai déblayé mon agenda et refusé deux projets pour me consacrer à 100% à celui que vous me refusez de pouvoir faire. Il est trop tard pour les récupérer, je me trouve face au vide pour une durée indéterminée, pour la première fois de ma carrière de cinéaste.
Il va donc nous manquer respectivement 250 et 200 heures de travail à la fin avril pour rester dans l’intermittence, ma monteuse et moi, outre l’immense déception qui m’avait motivé avant-hier à m’ouvrir de la situation à Bertrand Tavernier, alors que je pensais encore qu’il serait possible de vous convaincre, et bien que la production ait semble-t-il déjà accepté la sentence.
Je ne sais quoi vous dire de plus. Je vous écrit hébété après une nuit blanche, dans la tourmente, la panique, l’incompréhension. Ce ne sont pas de bons conseillers, mais avant de contacter la chaine pour lui annoncer que nous devons jeter l’éponge, je ne trouve rien de mieux à faire.
Vos enjeux me paraissent symboliques, les miens sont, à proprement parler, vitaux.

Bien à vous,
Olivier Brunet

Réponse immédiate de Thierry Frémaux :
« Monsieur,
Je vous réponds immédiatement, et cela permettra à Bertrand Tavernier, que vous mettez obligeamment en copie d’être informé de la situation.
Immédiatement et brièvement : je suis moi-même consterné par votre réponse, sur le fond comme sur la forme. Elle vient compléter l’étonnement que suscite cet épisode depuis son début.
Vous mentionnez votre joie d’avoir vu ce projet accepté par France 5 en janvier dernier. Il eut pu être sensible de nous informer que vous prépariez un film sur Lumière. Tout le monde était au courant sauf nous. Permettez-moi de m’en étonner et de m’étonner du déroulement d’un processus visant à faire un documentaire dont on à aucun moment on n’a tenu compte des ayant-droits. Et qui, sans aucune collaboration ni information avec ceux qui peuvent le rendre possible (l’Institut Lumière), vous a amené à renoncer à d’autres projets. Vous avez visiblement considéré que nous n’avions pas notre mot à dire dans la faisabilité de ce projet et c’est là votre erreur.
Je ne vais pas répéter les termes de mon précédent mail, tout y est : sur le fond, nous sommes très réservés sur l’existence d’un tel film mais qu’à imaginer que vous parveniez à nous en convaincre (et il faudrait commencer par ça, par nous donner un minimum l’impression que vous tenez compte d’autrui), nous ne souhaitons pas voir ce film sortir comme Claire Davanture le propose au début 2015. Mais qu’on peut l’envisager éventuellement à l’automne 2015.
Au lieu de cela, vous insistez, vous ne prenez pas la balle au bond, vous ne cédez rien, vous écrivez à Bertrand Tavernier et vous m’expliquez que mon courrier, qui pourtant ouvre une perpective, vous mettra au chômage.
C’est, je crois, votre propre manière de mettre fin au dialogue, et c’est dommage.
Bien à vous,
Thierry Fémaux
(oui, il a fait une faute sur son nom)

Ai-je été si maladroit, irrespectueux, insincère ? Ou plutôt lourdement candide ? Ai-je avoué une faiblesse coupable ? Me voilà l’accusé…

Quelque chose en moi ne peut pas se résoudre au fait qu’il est simplement dans une stratégie de pouvoir, qu’il veut juste la victoire et n’admettra jamais le moindre tort de sa part, qu’il n’en a rien à faire d’une relation possible avec moi.

Que je suis l’artisan de mon malheur, par manque de professionnalisme, par incapacité à reconnaître ma place, mon rang. Pour qui me prends-je pour lui tenir tête ?

Je tente une réponse :

Continuons ce dialogue, donc.
Je ne souhaitais en aucune façon vous consterner, encore moins vous menacer de chantage. J’ai réagi à chaud, face à une situation très difficile.
Acceptez mes excuses si mon mail vous a paru désobligeant.
Voilà les faits :
J’ai pris personnellement contact avec Bertrand Tavernier en Août 2013 pour l’informer du projet, m’adressant au président de l’Institut Lumière, et lui proposer de participer.
J’avais déjà eu l’occasion de travailler avec lui, comme prestataire sur « Capitaine Conan » avec Daniel Marchetti, puis il avait participé à mon documentaire « Mercredi 14h » en 2005 co-réalisé avec Claude Duty. J’avais par conséquent ses coordonnées et un accès direct.
Il m’en est témoin, et m’a répondu obligeamment début septembre et par écrit que son agenda ne le lui permettait pas et qu’il préférait décliner.
Nous avons aussitôt pensé à vous.
Mais nous n’avions encore aucune assurance de France 5, dont la réponse, initialement prévue en octobre, est finalement tombée début janvier.
Je ne peux pas parler pour Marie Balducchi, mais je sais qu’aussitôt que nous avons eu connaissance de la réponse positive, elle a cherché à vous contacter pour vous proposer de participer au projet, en s’inquiétant d’avance de votre propre agenda vu la proximité du festival de Cannes. 
Nous ne pouvions en aucune façon imaginer rencontrer une telle hostilité au projet de votre part. 
Je peux la comprendre, mais comment l’anticiper ? Bertrand Tavernier ne m’avait pas plus alerté sur un possible conflit d’intérêts.
Nous avions le sentiment de proposer un film « gentil », là où de nombreux « duels » traitent d’enjeux politiques ou de guerre industrielle, comme Mandela / De Cleck ou Pinault / Arnault. 
Vous dites que je ne peux rien céder : ce n’est pas moi qui commande. C’est la chaîne. 
La série « Duels » est programmée de janvier à mai sur la saison 2015 et je n’y suis pour rien. 
Nous allons évidemment poser la question, essayer de trouver un compromis, puisque vous nous en donnez la possibilité.
Bien à vous,
OB

Mais il n’y aura pas de suite, pas d’excuses acceptées. Tandis que j’écrivais ce mail, Thierry Frémaux en envoyait un autre à mon amie Claire :

Pardon, mais je vous écris personnellement ce petit mot : la lettre de votre
réalisateur est particulièrement maladroite. Elle procède d’une stratégie de
chantage qui me laisse sans voix, alors que le courrier que je vous ai
envoyé est plus que conciliant. Je suis en pleine sélection cannoise, et je
prends le temps de vous écrire. J’ai également souhaité vous inviter au
Panthéon. Tous les signes de considération sont là et je reçois ce courrier!
La lettre de votre réalisateur ne vous permet même pas de nous répondre, ni
à la proposition de voir le film sortir à l’automne (ce qui est une
concession majeure de notre part) ni même d’envisager d’autres sujets sur
lesquels nous pourrions vous aider.
Je ne sais si ce projet verra finalement le jour, mais si c’est le cas, ça
ne sera pas avec ce réalisateur dont la capacité à accuser les autres de
tous les maux n’incite absolument pas susciter l’envie d’être à ses côtés.
Nous ne sommes obligés en rien, et maintenant moins que jamais.
Bien à vous,
Thierry Frémaux

Et dans la foulée, il va rappeler Serge Bromberg (2 fois) et Marie Balducchi. Comment ont-ils pu imaginer travailler avec un type comme moi ? Ces gens sont fous !

Il faut savoir reconnaître sa défaite quand le rapport de force est à ce point déséquilibré. C’est ça aussi, la vie d’un réalisateur. Et c’est pas la pire vie qu’on puisse imaginer.

Il faut oublier ce projet et passer à autre chose.
Hasta la vista, Thierry.

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