Historial Jeanne d’Arc

 

2014 – Suite à la déconvenue « Méliès vs Lumière », aux quatre mois de chômage qui s’en suivent et le RSA qui se profile, il faut rebondir d’urgence. L’irremplaçable Claire Davanture me signale fin mars qu’un appel d’offre a été lancé sur les contenus audiovisuels de l’Historial Jeanne d’Arc à Rouen, par la scénographe Clémence Farrell avec laquelle j’avais travaillé sur l’exposition Titanic. Considérant que ma qualité de régional de l’étape peut être un avantage, et malgré la présence de poids lourds dans la compétition, je fonce. Philippe Barbenès est prêt à tenter le coup avec Les Films d’Ici. Nous téléchargeons l’énorme dossier de candidature. Après un mois de travail, nous déposons notre offre, et fin mai, la nouvelle tombe : c’est gagné.

Clémence Farrell et ses équipes ont conçu un parcours-spectacle réparti sur 6 salles de l’archevêché de Rouen, entièrement rénové pour l’occasion. Chaque salle doit recevoir un équipement audiovisuel spécifique, jusqu’à 15 vidéo-projecteurs alimentés individuellement. Les visiteurs seront captifs, par groupe de 25 maximum compte-tenu de l’exiguïté des lieux ; il n’est pas question de pouvoir se promener à sa guise dans les différents espaces.

Le contenu peut se résumer à un docu-fiction multi-écrans en 6 chapitres. Je ne mesure pas d’emblée la complexité inextricable de ce concept. Je n’ai pas encore calculé qu’il s’agit pour moi de réaliser et de monter plus de 6h d’images, soit la somme des « médias » à produire si l’on met toutes les pistes vidéos bout à bout.

La date d’ouverture qu’on nous annonce est déjà intenable : 15 janvier 2015. Nous aurions à peine six mois pour écrire le scénario, tourner, monter et installer les médias sur place. Heureusement, tout le monde est conscient du problème, à commencer par Alain Bardin, responsable du site pour la métropole Rouen Normandie. La date officielle va bientôt glisser d’un mois, et c’est avec le 15 février en ligne de mire que nous nous lançons dans l’écriture, avec Philippe et mon amie Marie-Helène Garnier, qui s’est chargée du premier casting. Car il nous faut 22 comédiens pour incarner les témoins du procès en réhabilitation de Jeanne d’Arc qui s’est tenu 25 ans après la mort de Jeanne et sert de colonne vertébrale à la narration. Marie-Hélène va puiser dans le vivier local, et mobiliser des « pointures » comme Olivier Saladin, Jean-Marc Talbot, Daniel Lesur, Alain Bézu, Francis Facon, ou encore Bernard Cherbœuf, etc… pour leur attribuer les rôles des compagnons de Jeanne ou des juges du procès en condamnation. Une tentative de partenariat avec l’Opéra de Rouen tourne court et nous confirme à quel point le délai impossible qu’on nous laisse est un handicap majeur dans la conduite du projet.

En deux mois (juillet et août), la première version du scénario est bouclée. Après quelques allers/retours avec la maîtrise d’œuvre, la version définitive est validée… dix jours avant le tournage dans le studio Carnot 34 de Montreuil, (à suivre)

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