Master Bators

Toute la discographie du groupe est publiée et téléchargeable sur BandCamp

Le groupe Master Bators fut créé en mars 1981, dans l’appartement de l’un de ses membres fondateurs, Alain Bunny Bators Josse, avec Christophe Boris Bollocks Brohart et Olivier Brian Blits Brunet, qui s’appelle encore Lefèvre à l’époque. Personne ne sait jouer d’aucun instrument, à part Boris, qui maîtrise trois accords de guitare et quelques plans d’harmonica.

A l’origine, c’est une blague de potaches, le genre de collectif bruyant qui chante des chansons à boire et parodie des tubes en changeant les paroles pour moquer les professeurs de l’Ecole (oui, je précise, ça se passe à l’Ecole Supérieure de Commerce de Rouen). Brian achète une batterie d’occase, prête sa guitare à Boris (qui la casse) et tolère le synthé assourdissant de Bunny.

Ça devient plus sérieux lorsque Jean-Antoine Edward Blud Badin se joint au groupe, en tant que seul vrai musicien de la bande, provoquant rapidement l’exclusion de Bunny puis de Boris pour incompétence. Un temps, Master Bators compte parmi ses membres Hélène Lemercier, la sœur de Valérie, en qualité de chanteuse, pour un mémorable concert à la salle Wagram, « Cerebral Rock » (concours de groupe des Grandes Ecoles).

Ça se corse enfin quand Blits et Blud, réduit à un duo, décident d’enregistrer un 45 tours auto-produit, « Money for heaven », promu vice-single du mois en Octobre 1983 dans Rock’n Folk, référence de l’époque, sous la plume de Michka Assayas (futur auteur du Dictionnaire du Rock et animateur de « Very Good Trip » sur France Inter). La crédibilité acquise sera sans lendemain, Blits étant convié à rejoindre la Belgique pour 16 mois de service militaire en coopération.
Pochette du single

 

 

 

 

 

 

Olivier Brian Blits Brunet – chant, batterie
Jean-Antoine Eddie Blud Badin – guitares, basse
avec Charles Oliver en renfort guitare

S’ensuivent quelques années de galère, mais le duo reste soudé, jusqu’à l’arrivée de Pascal Cal Bearskin Galinier aux claviers. En 1988, le trio fonde une SARL, Dreambox, pour acquérir du matériel et produire ses propres démos dans des conditions décentes. En juin 1990, le groupe se réunit une dernière fois et travaille pendant dix jours à produire ce qui sera le cœur du CD « Scarecrows from the Dreambox » (finalisé par Blits en 1998, quand les graveurs de CD se seront suffisamment démocratisés pour le permettre à moindre frais, tandis que Dreambox a périclité depuis longtemps). Un clip est tourné dans la foulée avec le tout jeune Chris Nahon, illustre inconnu à l’époque. Puis Blud et Bearskin s’en iront poursuivre leurs carrières professionnelles, l’un dans l’industrie (chez Polaroid, Alcatel, etc…), l’autre dans le journalisme (au Monde).

Les Master Bators, grande cause perdue, ont failli être signés par une major en 1990 (EPIC/CBS), qui leur préfèrera finalement  les oubliés Chihuahua, premier groupe de Mano Solo.

Olivier Brian Blits Brunet – chant, basse, batterie, production
Pascal Cal Bearskin Galinier – claviers
Jean-Antoine Eddie Blud Badin – guitares

Scarecrows from the Dreambox – CD 1990 – Compilé en 1998

Profitant du confinement de 2020, j’ai récupéré et numérisé la quasi-totalité des maquettes du groupe de 1981 à 1994, regroupé en quatre albums intitulés « Masterbations », le jeu de mot s’imposait.