Signes de l’espérance

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2008. C’est mon troisième film « catho ». A l’occasion du 50ème anniversaire du Jour du Seigneur, la plus ancienne des émissions du service public, Arnaud de Coral et Rémi Bossard me demandent d’interroger des personnalités qui s’affirment chrétiennes dans la sphère publique à propos de « l’avenir de la foi ». Nous dressons une liste, qui contient les noms d’André Dussollier, de Valère Novarina, Frédéric Lenoir ou Régis Debray. Le sujet est vaste… je décide de l’aborder en tentant d’obtenir de la part de mes interlocuteurs des réponses personnelles, de questionner leurs convictions intimes, de tenter de dépasser le discours convenu.

Dussollier et Lenoir déclinent d’emblée. Novarina m’écrit trois lignes inoubliables :

Cher Monsieur,
Quoi qu’elle fasse, la télévision est satanique.
Sauf de très bonnes raisons, je m’en tiens à distance.
Bien à vous,
Valère Novarina

J’aurais aimé en savoir plus sur les très bonnes raisons qui justifient de se rapprocher de Satan, moi qui travaille pour Le Jour du Seigneur, mais le temps manque et je jette l’éponge. Autrement plus charmante, la réponse transmise par la « secrétaire » anonyme et « désolé » de Régis Debray :

Désolé, mais

Régis Debray, absent de Paris et dépourvu d’ordinateur, m’a demandé de vous transmettre ce petit avis suivant, où il vous supplie de ne pas trouver malice :

« L’année académique 2008-2009
sera pour Debray sabbatique
parce qu’il a besoin de se refaire à neuf
et cela le plonge dans la désolation
d’avoir à refuser votre invitation
à faire préface, colloque ou contribution
polémique, pétition et déclaration,
tant il a pour vous considération. » Avec mes meilleurs sentiments

Sa secrétaire

J’embauche Ina Mihalache pour réaliser le film avec elle, du tournage au montage. Nous filmons chaque personnalité à deux caméras, dans le lieu de leur choix, le plus souvent à leur domicile. Nous allons à Froyennes en Belgique retrouver Colette Nys-Mazure, à Lausanne pour Lytta Basset, à Angoulême pour Sylvie Germain et à Poitiers pour Albert Rouet. Jacques Gaillot, Jean-Marie Petitclerc et Jean Piat sont filmés à Paris. Olivier Py est difficile à attraper, mais accepte finalement de nous recevoir dans son bureau à l’Odéon.

Nous ne gardons que huit entretiens dans le montage final, sur les 14 que nous avons réalisés. Sont écartés Jean-Claude Guillebaud, brillant mais trop impersonnel, les écrivaines Alina Reyes et Florence Delay, l’ancien évêque d’Evry Guy Herbulot, Sœur Jeanne Marie et la philisophe Catherine Chalier.