Les silences de Maurice Zundel

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2009. Encore le genre de commande que je prends plaisir à réaliser. Quatrième film « catho », après Naître de nouveau, La moitié du paradis et Signes de l’espérance. Arnaud de Coral me propose de réaliser dans un délai très serré une biographie sur cet austère et érudit mystique suisse, mort en 1975, et dont la théologie d’un Dieu fragile et impuissant compte de nombreux adeptes chez les chrétiens contemporains. J’achète le livre de son « biographe officiel » auto-proclamé, le père jésuite Bernard de Boissière, puis quelques ouvrages de Zundel lui-même, dont « Allusions » et « Quel homme, quel Dieu ? ». La langue est belle, presque claudelienne. Sa mystique est d’abord une philosophie existentielle, un genre de sagesse très éloignée du catéchisme culpabilisant qu’on m’a infligé dans l’enfance. Passionnant, inspirant, même pour l’athée que je suis devenu. Et puis, il y a cette voix théâtrale, d’un autre temps, qu’on peut entendre au fil des innombrables conférences qu’il a donné durant sa vie et qui furent (souvent mal) enregistrées. Une sorte de Sarah Bernhardt au masculin, qui fait sourire et fascine à la fois.

Voyage à Fribourg avec Ina pour interviewer Marc Donzé, grand connaisseur de l’œuvre, à Lausanne et Neufchâtel pour filmer les lieux où Zundel a vécu, retour à Poitiers où j’interroge de nouveau Albert Rouet (après ses interventions marquantes dans  Signes de l’espérance), et tournage en Bretagne à l’abbaye de Timadeuc où je rencontre le frère Paul Houix, qui me parle de Zundel avec exaltation et bonhomie.

Le DVD du film s’est vendu à plus de 1000 exemplaires, ce qui pour moi est un record. Il paraît que ce n’est pas fini.