Ultreïa !

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2010. Un film catho de trop ? Je n’ai pas beaucoup d’estime pour celui-là.

Arnaud de Coral, pour lequel j’ai réalisé 5 films en 2 ans, a quitté le CFRT en septembre 2009, remplacé par Philippe Jeannin. Je ne donne pas lourd de mes chances de retravailler pour le Jour du Seigneur. Pourtant, en février 2010, Rémi Bossard me contacte pour me proposer de réaliser le quatrième volet d’une série consacrée aux chemins de Saint Jacques de Compostelle. Le sujet n’est pas simple à traiter : l’arrivée.

Comment éviter les lieux communs ? Je n’y ai pas échappé.

L’expérience fut belle, deux semaines en Galice avec Ina, la première dans les montagnes, pour pister les pèlerins, tenter de trouver des volontaires susceptibles de se laisser filmer au moment de l’arrivée. Mais comme je l’imaginais au départ, les pèlerins qui marchent jusqu’à Saint Jacques ne font pas le chemin pour devenir célèbre, et l’idée d’avoir une caméra à leur trousse dans les derniers kilomètres ne les enchante pas. De plus nous devions filmer au milieu du printemps, qui n’est pas la période la plus propice : la plupart des francophones étaient des retraités, très peu de jeunes, beaucoup d’espagnols, d’allemands… Et beaucoup de rendez-vous manqués.

Sylvain Marquet, que j’ai rencontré sur le projet Shanghaï 2010, fera un travail remarquable à Saint Jacques avec son steadycam léger et son Canon 5D. Mais c’est le fond qui manque le plus.

Nous aurons la chance de croiser la route d’Hans Wild, qui acceptera d’être suivi sans la moindre réticence et nous donnera les rares beaux moments du film. Marie, sage-femme retraitée originaire de Caen, acceptera de bon cœur aussi, mais elle en fera « des tonnes » à l’arrivée, se perdant dans la ville et saturant la bande-son de ses commentaires redondants.

Nous misions sur un couple de charentais, Marie-Noëlle et Joseph, croisé dans la montagne, dont nous raterons l’arrivée, et que nous rattraperons finalement à Cap Finisterre pour une séquence décente. Quant à Deborah et Roberto, ils refuseront d’être filmés pendant leur arrivée, et nous devrons nous contenter d’un entretien et d’une promenade improvisée dans les rues de Compostelle.

Le retour fut contrarié par Eyjafjallajökull, ce volcan islandais impétueux dont les rejets de cendre m’avaient déjà cantonné une semaine à Hong-Kong mi-avril.

Pour parachever le tout, le montage devait avoir lieu chez France 2, coproduction oblige. Avec Dominique Brimaud, l’une des monteuses d’Apocalypse, nous n’eûmes que 6 jours, en tout et pour tout, pour boucler (bâcler) le montage de 26 minutes. Il y a bien la voix d’Ina, lisant les mots de Gaëlle de la Brosse. Mais rarement j’ai eu autant à regretter de n’avoir pas de repentirs possibles.

Une réponse à Ultreïa !

  1. Ultreïa dit :

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